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Expérience aux 24 Heures du Mans : 27,258 km de bonheur en Ford Mustang

Ford nous a confié les clés d’une Mustang cabriolet GT, et ouvert les portes de l’un des circuits les plus convoités au monde. Deux bonnes raisons pour ne pas bouder notre plaisir et vous raconter ce moment intense.

Préparons-nous…

Il ne faut pas confondre « prendre la route pour le Mans », ce que nous faisons avec entrain chaque année au moment des 24 Heures, et « rouler au Mans », autrement dit emprunter le circuit dans sa configuration course comme le font les pilotes engagés dans l’épreuve. Aussi, pour la 86ème édition de l’épreuve mancelle, nous avons pu nous accorder un moment inédit sur ce tracé mythique grâce à la complicité de Ford : deux tours au volant d’une Mustang GT cabriolet de 450 ch. Rouler sur le circuit du Mans en configuration «24 Heures » est un privilège rare, d’autant que sur les 13,629 km de longueur, 9,444 km sont d’ordinaire des routes ouvertes au public, exceptionnellement fermées pour l’occasion.

Avec nous, dans la coursive d’accès au virage du Raccordement, un proto non identifié, deux Ford GT confiées aux pilotes Ford Performance Sébastien Bourdais et Olivier Pla, quelques Mustang dont notre version GT cabriolet, et… un Pick-up Raptor, un engin démesuré qu’il sera amusant de voir rouler sur un circuit même si, de toute évidence, ce n’est pas son terrain de jeu favori.

Après un rapide briefing de sécurité, les « pilotes » que nous sommes mettent leur casque. C’est obligatoire, même si nous devons suivre une « leading car » et que de toute manière nous n’avons pas le droit de nous doubler, et donc de prendre des risques que certains n’auraient pas suffisamment considéré. Les deux GT sortent en premier, car elles ne sont pas soumises aux mêmes règles que les amateurs que nous sommes. Lorsque notre convoi leur emboîte le pas, les deux fusées sont déjà bien loin.

Moment intense

Alors que nous prenons la piste, la voiture qui nous précède ne fait pas de détail et part à fond. Nous faisons de même mais après la courbe Dunlop les pneus encore froids se rappellent à nous : première embardée, et une bonne cinquantaine de mètres de perdus. Pas grave, on repart à fond. Alors que mon passager tente de filmer le premier tour, il se cogne la tête dans la vitre latérale. Comme quoi, le casque, c’est utile…

Après quelques courbes appuyées nous attaquons la première partie de la ligne droite des Hunaudières, et alors que le compteur approche les 270 km/h à un endroit limité à 90 km/h –et bientôt 80- le reste de l’année, il est difficile de ne pas sourire… Mais il nous faut freiner, vite et fort, ce que sait très bien faire la Mustang. Mais pas longtemps. Pour les gros freinages suivants, il nous faudra anticiper des distances de freinage allongées compte tenu de l’échauffement du système, qui n’a pas été prévu pour faire des « 270-90 » à répétition…

Au freinage de la seconde chicane, un peu plus d’anticipation nous permet de finalement rentrer un peu plus vite, d’être mieux positionné dans le virage et de prendre une bonne dose de plaisir supplémentaire. Concentré à notre tâche, mais en confiance au volant d’une voiture facile, certainement plus rigide en coupé mais franchement amusante et bien équilibrée, nous attaquons ensuite les virages d’Indianapolis et Porsche à une vitesse déjà élevée.

Mon voisin, ingénieur chez Multimatic (qui fabrique la GT) continue son road-movie, imperturbable. En passant devant les stands, c’est alors une sensation curieuse qui s’empare de nous. Filer accélérateur à fond entre ces deux grandes tribunes chargées d’histoire avec le grand virage à droite en montée qui se confond avec la passerelle Dunlop est une image forte. D’ailleurs, attaquer la courbe en restant à fond demande de retenir son souffle, avant de sauter sur les freins en espérant qu’il ne soit pas trop tard… Lors du second tour, déjà, la mémorisation du tracé fait son effet. Pour avoir eu la chance de rouler plusieurs fois sur ce circuit avec différentes voitures, le tour de chauffe a servi de révision, et les automatismes reviennent. Les trajectoires se veulent plus propres et les appuis plus forts. De ce fait, les limites de la voiture sont plus proches.

Alors que notre Mustang s’en sort bien sur le plan dynamique et moins bien sur les freins, il convient de trouver le meilleur mode d’emploi pour tirer toute la quintessence de notre machine. Mais le temps et les kilomètres passent vite, et après quelques émotions en voyant des extérieurs de vibreur arriver bien vite, il est déjà temps de consacrer les trois derniers kilomètres au refroidissement de la bête. D’un côté, un troisième tour faisait envie, et d’un autre le respect envers notre monture dictait de ne pas insister. Notre Mustang convertible a déjà tenu 24 km à fond, et 3 de décélération pour nous ramener à bon port avec des étoiles plein les yeux. Quand est-ce qu’on recommence ?

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Didier LAURENT
Photos : Drew GIBSON et Christopher LEE

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