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Essai Nissan Leaf : que se passe-t-il quand il n’y a plus d’autonomie ?

La Nissan Leaf progresse, en tout cas en ce qui concerne son autonomie, qui vient de passer à 250 kilomètres selon la norme NDEC. C’est encore un peu court pour partir en voyage. Mais que se passe-t-il quand, à 30 kilomètres de l’arrivée, l’ordinateur vous indique qu’il n’y a plus d’énergie pour finir le trajet ?

Une nouvelle batterie

essai-nissan-leaf-250-km-2016-14La Nissan Leaf (voir essai de la première version ici en 2011) dispose toujours d’une batterie de 24 kWh créditée d’une capacité à couvrir moins de 200 kilomètres. Mais elle offre aussi une nouvelle version de 30 kWh qui annonce une autonomie de 250 kilomètres, soit un gain de 26% par rapport à la version précédente pour seulement 21 kg supplémentaires.

L’acheteur d’une Leaf peut donc toujours choisir entre l’achat d’une voiture et des ses batteries (à partir de 25 600 euros TTC bonus de 6 300 euros déduis en version 24 kWh et 29 000 euros en 30 kWh) – cette solution n’est retenue que par 5% des clients- ou décider de louer les batteries (à partir de 19 700 euros TTC hors bonus en version 24 kWh et 23 100 euros en 30 kWh). Dans ce dernier cas, il en coutera entre 79 euros par mois (36 mois – 12 500 km par an) et 142 euros (12 mois – 25 000 km / an).

Le budget reste donc encore conséquent pour une voiture dont l’usage est restreint et qui conviendra dans un rôle de seconde voiture.

Garantie 8 ans, réseau étendu et nouvelle interface

Nissan annonce un temps de charge identique entre ses deux modèles de batterie, soit 30 minutesessai-nissan-leaf-250-km-2016-19 pour recharge pour atteindre 80% la capacité de la batterie. Ces dernières sont par ailleurs garanties 8 ans ou 160 000 kilomètres et, selon nos informations, seules trois ont été changées sur les 220 000 Nissan Leaf qui roulent depuis cinq ans (la Leaf est la voiture 100% électrique la plus vendue dans le monde.)

Grâce à un accord avec le Groupe Ferrandi, qui dispose de plusieurs stations essence en Corse (lieu de nos essais), quatre bornes de recharge rapide (et à terme quatorze) sont en place sur l’Ile de Beauté. Ces dernières ne sont pas réservées aux seules Nissan et viennent compléter l’offre de 250 bornes Nissan en France.

En finition Acenta et Tekna, les conducteurs disposent de la nouvelle mouture du « NissanConnectEV » qui affiche une nouvelle interface sur un écran de 7 pouces. Il est maintenant possible de zoomer par un mouvement de doigts et de profiter d’une radio numérique.

Sur les traces du WRC

essai-nissan-leaf-250-km-2016-13Ce sont les routes du Tour du Corse qui nous ont accueilli pour notre essai. L’envie de pousser la Leaf dans ces derniers retranchements était trop forte, que ce soit pour tester son comportement ou son autonomie. Alors on s’est dévoué.

Pour une voiture dont la vocation n’est pas la conduite sportive, la Leaf s’en est très bien tiré. Ses suspensions verrouillent bien les mouvements de caisse, les réactions restent saines et les freins ne sont pas évanouis dans le maquis. La train avant accepte sans soucis le couple du moteur électrique disponible immédiatement sans que les systèmes de gestion électronique ne se montrent trop intrusifs. De là à dire qu’on prend du plaisir à son volant, il y a un frontière que je ne franchirai pas en raison du silence de fonctionnement d’une voiture électrique.

Vive la panne sèche

Etant donné le rythme de la conduite, j’ai vite compris qu’il serait illusoire d’espérer rentrer à bon port. En effet, à 30 kilomètres de l’arrivée, l’ordinateur de bord a affiché trois traits horizontaux en lieu et place de l’autonomie restante… Il avait, avant cela, alerté sur le fait qu’il y avait une incompatibilité entre la distance restant à parcourir indiqué par le GPS et la quantité d’électricité encore disponible.

La mission consistait donc à rentrer coûte que coûte en ne tenant pas compte des messages indiquant qu’il fallait ravitailler. La climatisation, la ventilation, les phares sont mis au repos. Un usage restreint des essuie-glaces (il pleuvait fort ce jour là…) permet aussi de grappiller quelques mètres. Bien entendu, il faut rouler non pas avec un oeuf sous le pied, mais avec une boite complète afin de ne pas dépasser 30 kilomètres/heure. On profite aussi des rares descentes pour recharger un peu en enclenchant le frein moteur. Par chance, presque personne ne circulait ce jour-là sur les petites routes de la Corse et je n’ai gêné personne.

Au final, les 30 kilomètres restants ont été parcourus en dépit d’un ordinateur qui laissait à penser que la batterie était « à plat ». Un peu plus de précision sur l’autonomie restante serait la bienvenue…

Petite précision utile : la première année suivant l’achat d’une Nissan Leaf, en cas de panne sèche, le véhicule est pris en charge gratuitement par Nissan Assistance qui rapatrie le véhicule au point de recharge le plus proche ou au domicile du client. Cette prise en charge est illimitée la première année.

Texte et photos : Philippe HORTAIL

Lire aussi : 

Nissan: nouvelle autonomie pour la Leaf et une « Z » hybride

Galerie photos Nissan Leaf 30 kWh.

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2 commentaires

  1. dpctst2 dit :

    79 à 142 euros par mois de location des batteries pour 12500 à 25000 km/an !!! et cela sans compter le coût de l’électricité !
    A ce stade, il s’agit plus d’hypnose ou d’anesthésie du cerveau que de marketing pour convaincre que l’électricité c’est l’avenir !

  2. dilemblue dit :

    Bonjour pourquoi ne pas adapter les batterie et moteur Renault Zoé40 sur la Nssan ?

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