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Bernard Ollivier : « Alpine, c’est une équipe de France ! »

Hier aux 4 Heures du circuit Paul-Ricard, un gros mois avant la cinquième et ultime compétition de l’ELMS (European Le Mans Series) au Portugal, la deuxième place de l’équipe de France Signatech-Alpine sur le tracé de 5,8km lui a permis d’augmenter son avance sur ses poursuivants. Mais le doublé devra être validé lors de la finale européenne.

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Nelson PANCIATICI au volant de l’Alpine A450B-Nissan – Photo Raymond PAPANTI

Alors qu’elle était arrivée sous le soleil provençal de l’été indien avec quatre points d’avance sur ses plus proches rivaux l’Alpine A450B-Nissan, confiée aux Français Paul-Loup Chatin et Nelson Panciatici, ainsi qu’au Britannique Oliver Webb, est rapartie avec dix points de mieux que la Zytek du trio Dolan-Tincknell-Albuquerque. Lequel, pour avoir une chance de coiffer la couronne européenne, devra impérativement devancer l’Alpine aux essais comme en course sur le circuit d’Estoril en s’offrant la pole et la victoire…

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Nelson PANCIATICI , Oliver WEBB et Paul-Loup CHATIN – Photo Raymond PAPANTI

Autant dire que les hommes de la belle bleue, qui perpétue la légende et sert de booster pour la mise sur orbite de l’Alpine Berlinette dès 2016, doivent rester concentrés sous la houlette de l’écurie Signatech-Alpine dirigée par Philippe Sinault.

Même si cette Alpine du renouveau a confirmé cette saison tout le bien que l’on pensait d’elle : 4e en Angleterre à Silverstone, sur la 3e marche du podium à Imola en Italie mais aussi et surtout dans la catégorie LMP2 aux 24 Heures du Mans, l’A450 dont le rendement moteur et l’aérodynamique ont encore progressé cet été, s’est imposée en Autriche.

La voilà donc repartie en quête d’une énième consécration, 40 ans après qu’un Proto Alpine-Renault se soit offert, déjà sur ce même circuit Paul-Ricard, son premier succès dans le cadre du Trophée d’Europe de 2 Litres.

L’histoire est un éternel recommencement, même et surtout dans ce qu’elle a ici de plus beau avec Alpine.

[nextpage title= »Produire 4000 à 5000 Alpine par an »]

 « Comme en 2013, le titre va se jouer au finish »

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Bernard OLLIVIER, PDG d’Alpine – Photo CB ADREANI

 « Travailler dur et affronter les meilleurs », note Bernard Ollivier le PDG d’Alpine arrivé en droite ligne de Renault Sport Technologies, « cela fait partie de notre ADN. Et jouer cette année encore le titre européen en endurance prouve deux choses : primo, que pour la deuxième année de son retour sur le terrain sportif Alpine se montre encore et toujours dans le coup, secundo, que l’an passé nous n’avons pas gagné par hasard…« 

A l’instant même où Chatin franchissait la ligne d’arrivée, cinq petites secondes dans le sillage de la Morgan-Judd de Klien-Hirsch-Ragues du team Newblood by Morand Racing, le boss passait du stress au bonheur et le partageait sans retenue dans les stands avec Panciatici, Webb et Sinault.

Puis il se lançait dans la projection des chiffres aux côtés de Jean-Jacques Delaruwiere, l’homme de la communication sans anicroche chez  Renault et Marie-Hélène Bacle l’attachée de presse de Signatech-Alpine.

 « Nous avons certes sensiblement augmenté notre avance mais rien n’est gagné et comme en 2013 le titre va se jouer au finish », nous confiait immédiatement Bernard Olivier avant de filer féliciter les techniciens de Signatech – en les gratifiant d’un « Vous avez fait de bout en bout un excellent travail» – et de Dunlop.

Et M. Ollivier de se lâcher enfin, après avoir pris le soin d’adresser quelques  messages « à qui il faut…, pour les tenir informés » via son smartphone.

 « Nous devrions produire entre 4000 et 5000 Alpine par an »

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Jean-Jacques DELARUWIERE, Philippe SINAULT, Bernard OLLIVIER et Marie-Hélène BACLE. Photo CB ADREANI.

« Alpine, c’est une équipe de France, et nous sommes là afin de préparer la marque à écrire une nouvelle page de l’industrie automobile. 

Le fait qu’avec notre 7e place au scratch et la 3e en LMP2 nous ayons signé au Mans la deuxième meilleure performance de l’histoire d’Alpine aux 24 Heures, après notre victoire en 1978, a créé un nouvel engouement, provoqué des montées d’adrénaline et une montée en régime de l’intérêt que l’on nous porte.

Tout ceci participe a redonner du tonus à la notoriété de la marque. Car j’en suis certain, nos futurs clients n’achèteront pas une voiture mais une Alpine et ce sera pour eux une ouverture sur le marché de la compétition. »

Quelles seront les principales lignes du plan de production et de commercialisation des futures Alpine ?

 « Disons que nous devrions produire annuellement entre quatre et cinq mille Alpine. Mais nous restons prudents, car au bout du compte ce sont les clients qui décideront. Aujourd’hui, Alpine est une marque connue en France dont nous allons faire une marque mondiale.

Parmi ses atouts figurent une très belle réputation au Japon et dans les pays asiatiques où l’art de vivre à la française et un certain luxe sont dans l’air du temps. Mais alors quelle est aussi réputée au Brésil, quel sera son impact en Chine ? »

[nextpage title= »Le Général De Gaulle, la course et Jean Rédélé »]

Le Général De Gaulle, la course et Jean Rédélé…

 Vous dites que la présence en compétition d’Alpine en fait une équipe de France, mais encore ?

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Olivier WEBB – Photo Raymond PAPANTI

 « Pour moi, au delà du sport tel que nous le pratiquons au plus haut-niveau en endurance en ELMS et au Mans, Alpine c’est la « Francité », et j’emploie ce qualificatif sans tomber dans le côté franchouillard mais pour mettre en valeur les valeurs françaises que nous véhiculons.

De tous temps les Alpine ont été malines et astucieuses, sans complications, car Alpine n’a jamais gagné avec le fric mais grâce au travail et à l’intelligence de ses collaborateurs. La « Francité » c’est ce que répondit Jean Rédélé au Général De Gaulle lorsque, en visite au Salon de l’auto de Paris, le Président de la République lui demanda « A quoi sert la course automobile ? », ce à quoi M. Rédélé lui répondit tout de go, « A hisser le drapeau Français lorsque nous gagnons, Monsieur le président ! »

 Après les succès commerciaux de l’Alliance Renault-Nissan, nul doute que le retour d’Alpine dans deux ans ajoutera aux podiums bleu-blanc-rouge un joyau sportif au groupe automobile tricolore à l’influence désormais mondiale.

D’ici là, les quinze spécialistes de Signatech-Alpine vont continuer à ferrailler pour truster de nouveaux lauriers, tandis que du côté de Dieppe et dans les entrailles de Renault Sport Technologies de même que du service R&D (Recherche et développement) de Renault-Nissan, quelque 120 hommes et femmes vont poursuivre la gestation de la « Berlinette Alpine du XXIe siècle » ainsi que la nomme Bernard Ollivier les yeux pétillants comme un gamin qui attend Noël. Vivement 2016 !

Charles-Bernard ADREANI

Photos : Charles-Bernard ADREANI et Raymond PAPANTI

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