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Alfa Romeo Stelvio Quadrifoglio et Giulia : faut il craquer pour le SUV ?

7 minutes 51 secondes et 7 dixièmes… voici le temps officiel annoncé pour le SUV sportif de chez Alfa Romeo, le Stelvio quadrifoglio fort de 510 chevaux. Belle performance mais quand il passe la ligne d’arrivée, sa cousine, la berline Giulia équipée du même moteur, est déjà en train de commander un café, car elle est arrivée depuis 20 secondes. Alors faut-il opter pour le Stelvio ?

Les SUV sportifs et moi

Je dois vous avouer que j’ai du mal avec l’association des mots « Sportif » et « SUV ». D’abord parce que SUV ça veut dire « Sport Activity Vehicle » et qu’il faut appréhender le mot sport comme « je mets mon vélo dans le coffre pour aller faire du sport ». Dès qu’on prend le volant de la très grande majorité des SUV du marché, on comprend très vite que la seule chose qui ne sera pas sportive, c’est la conduite.

Du coup, quand on met 510 chevaux dans un SUV, ne sommes-nous pas face à une hérésie ? Pourquoi se priver de l’agilité d’une berline, de ses meilleures performances et aérodynamique, de son poids inférieur, de ses émissions de CO2 et de ses consommations moins élevées pour transporter confortablement 4 à 5 personnes ? Il paraît que c’est pour rouler en positon surélevée et être différent. Mais les SUV représentent 30% du marché et ce chiffre progressent encore ! Du coup on commence à chercher le côté « différenciant » d’un SUV.

Comparons ce qui est comparable

Certains diront qu’il faut comparer ce qui est comparable. Et ils auront raison. Du coup, regardons les fiches techniques communes des Alfa Romeo Stelvio et Giulia Quadrifoglio.

Côté moteur, nous disposons d’un V6 de 2,9 litres bi-turbo tout aluminium avec transmission automatique à 8 rapports, de 510 chevaux à 6 500 tr/mn et d’un couple maximum de 600 Nm entre 2 500 et 5 000 tr/mn. Mettons nos protagonistes sur une balance : 1 830 kilos pour le SUV contre 1 620 pour la berline. Et regardons leur mode de transmission : deux roues motrices pour cette dernière contre une transmission intégrale pour le cousin.

Ces architectures n’ont pas d’un impact sur les performances (0 à 100 km/h en 3,8 secondes pour le SUV, 3,9 pour la berline voir le duel complet ici) mais sur le comportement dynamique (Cf. les temps au tour sur circuit). Lors de notre prise en mains, il n’a pas fallu plus de trois virages pour voir doucement le Stelvio perdre de vue les quatre échappements de la Giulia. Si cette dernière est un bonheur à piloter sur les petites routes, il en va autrement avec le SUV. Les ingénieurs du monde entier n’ont pas encore trouvé de solutions au problème du poids et du centre de gravité haut perché.

Victime de la mode

BMW X5 M, Cayenne Turbo, Range Rover ou encore Jeep Cherokee SRT 8 (sans parler la Lamborghini Urus) sont des voitures à la mode. « Plus c’est gros et puissant plus c’est bon » pensent certains. Cela reste à prouver répondent d’autres plus au fait d’une sexualité épanouie…« C’est la mode » assument certains. Et ne tentez pas de m’expliquer que grâce à cette voiture vous pouvez rouler en hors piste ! Avec des jantes de 20 à 22 pouces et des pneus taille basse, vous allez rapidement déchanter après au mieux les avoir abîmées, au pire appelé un dépanneur qui gérera votre rapatriement sur plateau suite à votre crevaison. Bref, moi les SUV sportifs, je n’aime pas.

Alors, ce Stelvio quadrifoglio ?

Au final, tout n’est pas noir avec le Stelvio Quadrifoglio et si on le compare avec les autres acteurs de son segment, il s’en sort avec les honneurs, voire plus. Sa masse fait de lui un poids plume face aux X5 M ( 2 275 kilos) ou Porsche Cayenne (2 175 Kilos). Grâce à cela, il affiche parmi les meilleures des performances de sa catégorie. Ensuite, si certains détails de finition ne sont pas encore au niveau des premium allemand et suédois, on dispose d’un habitacle agréable. Enfin, fort d’un prix de base de 91 400 euros et d’un équipement complet, il est nettement moins cher qu’un X5 M qui débute à 126 000 euros.

Conclusion

Le Stelvio Quadrifoglio est un sacré concurrent dans sa catégorie. Si vous aimez conduire rapidement, il vous donnera entière satisfaction. Si vous aimez piloter et vous faire plaisir au volant d’une voiture de sport, la Giulia est faite pour vous

Texte : Philippe HORTAIL
Photos : Didier Laurent et Presse.

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